«If I was in charge, you’d be in jail»

by Annaelle

Hier, c’était le deuxième débat sur les élections présidentielles américaines, durant lequel le candidat républicain, Donald Trump, a déclaré au passage, comme une pointe visant uniquement à déstabiliser son adversaire, qu’il nommerait un procureur spécial pour la jeter en prison.

Je comprends que c’est la conséquence logique de l’affubler du sobriquet «Hillary-la-croche», vu que, si on prend au sérieux :
1- l’idée qu’une personne est croche,
2- qu’on adhère à la légitimité du droit constitutionnel – ce que, en principe, on fait lorsqu’on se présente comme président

Ben ça coule de source de dire que la croche personne devrait être en prison.

Pis ça me fait réfléchir, en général, à l’inimputabilité des actant.es politiques. Comment les gens politiques ne sont jamais tenus responsables des conséquences directes et prévisibles de leurs décisions.

Prenons la décision de déclarer la guerre.

Je propose que toute guerre, tout le temps, de tous les côtés, va amener avec elle des crimes de guerre. Aucun maréchal, aucun général, aucun officier n’a de contrôle si parfait sur les gens dans ses forces pour pouvoir garantir, du fait de sa compétence et de son leadership, l’absence de crime de guerre.

Je propose que c’est la nature de la guerre de créer un environnement dans lequel les crimes de guerre arrivent.
La solution à cela est habituellement de maintenir la paix.

Sachant donc, que la commission de crimes de guerre est une conséquence prévisible qui ne peut être évitée qu’en ne déclarant pas la guerre, les chef.fes d’État qui déclarent la guerre devraient-illes être imputable des crimes de guerres commis par les individus dans leur armée?

Je voudrais dire que oui. Ma conscience, amoureuse de la paix, ma soif de justice et mon sens de l’éthique me hurle que, oui, les crimes de guerres, ils sont la faute des gens qui les commettent, mais aussi en plus, les chef.fes d’État qui déclarent la guerre ont une authentique faute morale dans leur geste de déclarer la guerre.

Pis là, ben j’ai un double problème.

Premièrement, c’est que, pour pacifiste que je suis, je ne pensent pas que les États devraient être dépourvus du pouvoir juridique de déclarer et mener la guerre. Pour la raison pragmatique que je ne pense pas que que ce sont les réformes juridiques qui vont mener à la paix, mais les relations d’interdépendance, d’échanges et de commerce entre les peuples et les États.

Deuxièmement, parce que j’ai réfléchi à l’intervention de Trump, et je me suis rendue compte que de vouloir que les gens au pouvoir qui causent du mal dans le monde soit tenus pour responsable causé par leurs politiques, ben c’est là la façon de penser qui justifie la dictature, et dénonçant le précipice vers lequel Trump entendait nous diriger, j’ai finalement vu l’abîme derrière le mince verre sous mes pieds, et je pense qu’il va me falloir reculer du précipice pour ne pas y sombrer.

Je reste quand même fondamentalement anarchiste, mais j’ai quand même un respect renouvelé pour les procédures constitutionnelles des démocraties républicaines.

Une chance que mon opposition générale à la rétribution punitive me permets d’éviter carrément cet épineux problème, de toutes façons.

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